A force de donner des signaux contradictoires sur la politique qui sera suivie par les autorités de l’Euroland à l’égard des Etats du “Club Med” et de l’Est de l’Europe, membres de la zone euro, ayant perdu le contrôle de leurs déficits budgétaires comme de leur endettement public, la BCE et les autorités européennes ont finalement provoqué (involontairement?) la cassure du support à 1.4220 sur l’euro/dollar US. Ce qui a fait remonter le dollar US (suite à la liquidation des carry trades) et baisser les prix des métaux précieux et des matières premières exprimés en dollars US. Ce qui a aussi fait baisser les bourses d’actions occidentales d’autant que, les autorités chinoises ayant entrepris un resserrement monétaire pour empêcher la bulle boursière et immobilière de nature inflationniste de se poursuivre en Asie, les bourses d’actions des pays émergents étaient déjà depuis début janvier 2010 sous forte pression. Comme la reprise des bourses d’actions depuis mars 2009 a précisément commencé avec la remontée de l’euro/dollar US, la rechute de ce dernier devrait provoquer leur retournement. Facteurs aggravants: non seulement les résultats des grandes banques (US surtout) sont catastrophiques mais encore la timide reprise économique occidentale récente a tourné court pendant que la crise s’étend maintenant aux pays émergents jusqu’ici épargnés. A un moment où les USA, la Grande-Bretagne, le Japon et l’Europe n’ont plus aucune marge de manœuvre budgétaire comme d’endettement supplémentaire et que leurs banques centrales ne peuvent plus baisser leurs taux d’intérêt à court terme déjà voisins de zéro, ni continuer la monétisation de leurs dettes publiques comme privées sauf à provoquer l’hyper-inflation. Bref, c’est l’impasse des politiques monétaires ultra laxistes et l’échec des plans dits de relance, comme on pouvait s’y attendre. C’est-à-dire le scénario de stagflation (croissance économique nulle + inflation) vers lequel on se dirige. Scénario dans lequel les actions baisseraient fortement alors que les obligations d’Etat n’offriraient plus de refuge. Il faut toutefois que la double cassure de l’euro/dollar US et des indices boursiers se confirme plus nettement ces jours prochains.
Par précaution, nous avons pris les profits sur toutes nos positions longues sur les matières premières et sur la moitié de nos positions longues sur l’or à 797 que nous avions achetées en euros (en dessous de 779 fin décembre 2009), tout en augmentant légèrement nos positions à la baisse sur les actions occidentales. Parce que, dans un scénario de stagflation, les prix des matières premières et les métaux précieux pourraient aller plus bas avant que la fuite des actifs de papier vers les actifs réels s’emballe. La période qui s’ouvre devrait permettre de se repositionner à la hausse sur les actifs réels (métaux précieux) à de meilleurs niveaux. Quant aux actifs de papier surachetés (actions), l’ampleur de leur rechute pourrait être significative en proportion de la remontée temporaire du dollar US.
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