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  • 26août

    La plupart des problèmes monétaires et économiques actuels proviennent de l’application d’idées keynèsiennes, socialistes et étatistes, radicalement fausses. A savoir que les Etats et les banques centrales ont le pouvoir exclusif et illimité, au moyen de politiques économiques interventionnistes (les plans dits de « relance ») et de politiques monétaires laxistes (les Quantitative Easing) discrétionnaires, c’est-à-dire au moyen de leur sur-endettement permanent comme de leur production ex nihilo de toujours plus de fausse monnaie, de créer la croissance économique puis de la stimuler. L’effondrement monétaire et économique actuel en Occident, consécutif au rachat des énormes passifs des grandes banques privées -s’étant placées en situation de faillite en raison de leur propre incompétence mais aussi des contraintes que les pouvoirs publics leur ont imposées (comme le financement des achats immobiliers par des populations qui n’en avaient pas les moyens via les subprime)- par les Etats déjà sur-endettés, qui ne pouvaient pas raisonnablement continuer d’emprunter plus, n’est pas le produit de la « déréglementation » ou de la cupidité des dernières forces du marché libre qui subsistent encore. Mais tout simplement de la sur-réglementation et de la sur-intervention bureaucratiques qui faussent tous les mécanismes de marché (comme l’interdiction des ventes short d’actions qui a provoqué cette semaine une forte chute des actions allemandes). Il n’y aura pas de reprise économique non inflationniste ou de rétablissement de la stabilité monétaire sans limitation drastique des pouvoirs exorbitants des Etats et banques centrales. Comme les dirigeants actuels des USA, de la zone euro mais aussi de la Grande-Bretagne, et plus récemment de la Suisse, persisteront encore quelques temps dans leur activisme, alors qu’ils n’en n’ont plus les capacités (la Federal Reserve US ne peut plus faire du Quantitative Easing sauf à produire encore plus d’inflation destructrice et la BCE ne pourra bientôt plus acheter comme monétiser les obligations d’Etat européennes du fait de l’opposition allemande à ces pratiques qui lui sont interdites par les traités européens et ses propres statuts), il y a lieu de redouter le pire. A savoir la poursuite de la chute des bourses d’actions un peu partout dans le monde et des obligations d’Etat européennes dont les taux continuent de monter (nous restons long SDS), puis la survenance de faillites bancaires et de défauts sur les dettes étatiques en chaine (à l’occasion de l’implosion de la zone euro dans sa forme actuelle par exemple), dans un contexte d’instabilité monétaire majeure (nous pensons néanmoins que le dollar US devrait remonter, en particulier du fait des interventions japonaise et suisse pour tenter d’éviter toute nouvelle appréciation du yen et du franc suisse à court terme comme de la bonne tenue des US Treasury Bonds). Dans un tel contexte, acheter actuellement des actions sur quelque bourse que ce soit ou des obligations d’Etat européennes est à notre avis le meilleur moyen de perdre de l’argent. Il n’y que l’achat d’or, d’argent-métal et autres métaux précieux, comme temporairement d’obligations d’Etat US (nous restons long TLT), qui puisse vraiment protéger les détenteurs d’actifs monétaires liquides. Le problème c’est qu’à court terme la correction temporaire des métaux précieux en dollars US n’est vraisemblablement pas encore terminée. Il importe donc de ne conserver, en particulier, les achats d’or qu’en euros et en francs suisses (étant donné que ces deux monnaies n’ont pas fini de baisser par rapport au dollar US), mais d’attendre les niveaux de 1.650-1.675 pour les reprendre en dollars US et alors de faire le plein pour une hausse vers 2.100 fin 2011. Quant à l’argent-métal, au platine et au palladium, qui ont récemment sous-performé par rapport à l’or et qui sont encore loin de leurs sommets, leur correction éventuelle en dollars US ne devrait pas être bien forte, on peut donc pour le moment les garder quelle que soit la monnaie dans laquelle on les a achetés.

    lire

    http://www.businessweek.com/magazine/how-long-can-the-ecb-prop-up-europes-sick-banks-08252011.html

    http://www.spiegel.de/international/germany/0,1518,782171,00.html

    http://www.bloomberg.com/news/2011-08-04/bundesbank-s-weidmann-is-said-to-oppose-ecb-s-resumption-of-bond-purchases.html

    http://www.bloomberg.com/news/2011-08-27/lagarde-urges-mandatory-recapitalization-of-eu-banks-to-avert-contagion.html

    http://www.zerohedge.com/news/guest-post-keynesian-solutions-after-total-failure-try-try-again

    Tant que les taux d’intérêt US à 30 ans n’auront pas atteint 2,60-2,70% contre 3,53% actuellement (du fait du retour des USA en récession), les US Treasury Bonds continueront vraisemblablement de monter et le S+P500 de baisser avec un objectif aux environs de 1.000 contre 1.176,80 actuellement. Les grands hedge funds US se sont d’ailleurs massivement positionnés pour une chute du S+P500, lire:

    http://www.efinancialnews.com/story/2011-08-24/hedge-funds-open-big-short-against-s-and-p-500

    taux-longs-usaactions-ususdor-usd

  • 20août

    Cela fait des années que le franc suisse s’apprécie contre la plupart des autres monnaies, en particulier européennes, phénomène qui s’est accéléré avec la création de l’euro, dont le moins que l’on puisse dire à constater l’explosion des dettes publiques européennes -que la plupart des Etats-membres de l’Union monétaire sont incapables de rembourser- c’est que la confiance qu’il inspire se réduit comme peau de chagrin. La hausse du franc suisse a des causes conjoncturelles mais surtout structurelles.

    Au plan des causes structurelles, la Suisse a pour avantage d’être un vieil Etat de droit démocratique et décentralisé, à la population bien formée, globalement honnête et ne rechignant pas au travail au surplus souvent polyglotte, placé au centre des flux économiques européens, générant des excédents permanents de commerce extérieur par suite de l’existence sur son territoire d’entreprises multinationales compétitives parce que spécialisées dans des créneaux porteurs, dont la dette publique est faible et les finances tant fédérales que cantonales plutôt bien gérées. Tout cela concoure à entretenir la force de sa monnaie nationale. Au plan des causes conjoncturelles, la Suisse dispose encore d’un système bancaire puissant et diversifié, respectant assez bien le secret des transactions liées à la sphère privée en dépit des attaques multiples dont il fait l’objet, qui attire en permanence de nouveaux dépôts de l’extérieur, d’autant que les gérants de fortune suisses sont globalement plus performants que les étrangers. C’est aussi la gestion calamiteuse de la plupart des autres monnaies fiduciaires de papier par les banques centrales étrangères interventionnistes qui, affaiblissant le pouvoir d’achat desdites monnaies, entretient par défaut la force du franc suisse.

    De telle sorte que les actions de la Banque nationale suisse visant à faire baisser la monnaie helvétique (de la vente de la moitié des réserves d’or, aux multiples interventions sur les marchés des changes, comme au rachat des actifs toxiques des grandes banques privées voire à ses ententes cachées mais très couteuses avec le FMI et autres banques centrales étrangères) ont toujours échoué ; la BNS ayant en outre du fait de ses actions précitées accumulé des pertes de plus en plus importantes se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards de francs suisses, ce qui a affaibli les finances publiques helvétiques (fédérales et cantonales), puisqu’elle n’est plus en mesure de les faire bénéficier de ses profits qui se sont envolés, comme sa propre crédibilité. Tout porte donc à penser que les mesures plus radicales qu’elle vient d’adopter auront les mêmes effets, sans permettre de corriger fortement la parité euro/franc suisse, surtout si la zone euro dans sa forme actuelle venait à imploser. Il en est d’ailleurs de même pour le yen japonais que la Banque du Japon n’est jamais parvenue à faire baisser de façon sensible et durable.

    La « surévaluation » du franc a des effets à la fois positifs et négatifs pour la Suisse. Au plan des effets positifs, on retiendra le maintien sur longue période des taux d’intérêt les plus bas du monde, une inflation quasi nulle, la prospérité globale des habitants dont la fortune s’accroît et du système bancaire qui enregistre des profits réguliers du fait de l’apport massif de fonds venus de l’étranger à la recherche d’une sécurité accrue. Mais aussi la possibilité tant pour les particuliers que pour les entreprises d’investir à l’étranger au moindre coût, ce qui entretient une balance suisse des paiements très positive. Au plan des effets négatifs, on notera la hausse vertigineuse des prix immobiliers comme la perte progressive de compétitivité des exportateurs suisses poussés à accélérer la délocalisation à l’étranger de leurs activités, avec des effets croissants sur l’emploi et le niveau de vie de la majorité de la population active de plus en plus constituée de « working poors » dans les secteurs industriel et tertiaire, sans parler de la disparition accélérée de la paysannerie suisse. Le développement d’une immigration non qualifiée trop importante, attirée par le miroir de la richesse helvétique symbolisée par sa monnaie forte, difficile à intégrer comme coûtant de plus en plus cher à la collectivité nationale, a aussi entrainé une insécurité jusqu’ici inconnue dans le pays.

    Au lieu d’utiliser le levier largement inopérant de la politique monétaire, qui risque de casser les avantages du franc fort, la Suisse devrait mettre en place de multiples mesures visant à imposer beaucoup plus de concurrence intérieure sur son territoire. Étant donné que son problème principal c’est que la hausse du franc, qui aurait dû faire puissamment baisser les prix intérieurs les a au contraire fait monter, la Suisse étant devenue le pays dont les prix de la plupart des biens et des services comme le coût de la vie sont les plus élevés du monde entier. Ce qui pousse les Suisses à acheter de plus en plus à l’étranger (en particulier les produits alimentaires) au risque d’affaiblir encore les petites entreprises, les artisans et les paysans. Tout cela porte aussi préjudice à l’industrie touristique nationale, dont les prix sont devenus inabordables pour beaucoup d’étrangers.

    Ce sont les ententes scandaleuses sur les prix et les multiples cartels entre ses grandes entreprises locales comme les marges exorbitantes de ses importateurs contre lesquels elle doit lutter. Ce que ses politiciens ne font pas assez puisqu’ils sont, pour beaucoup d’entre eux, trop liés aux « lobbies » économiques monopolistiques qui souvent les emploient ou payent leurs campagnes électorales, d’où la nécessité d’introduire plus de transparence dans ce domaine. Par ailleurs, tant que la Commission de la concurrence (COMCO), la Surveillance des prix et les Douanes resteront aussi inefficaces et que des amendes salées ne seront pas systématiquement imposées aux importateurs et distributeurs qui ne répercutent pas sur leurs ventes domestiques la hausse du franc dont ils bénéficient, du fait des produits qu’ils achètent de moins en moins chers à l’étranger, le consommateur final ne bénéficiera pas vraiment de la force du franc. Augmenter massivement la masse monétaire (à hauteur de 30% du PNB suisse, alors que les deux Quantitative Easing US n’ont atteint « que » 18% du PNB américain!) et pratiquer des taux d’intérêt négatifs comme l’a entrepris la BNS, ayant pour effet certain de relancer à terme l’inflation et la spéculation, ne feront qu’accroître la bulle immobilière et augmenter plus encore les prix intérieurs, sans améliorer la croissance de l’économie comme on le voit aux USA, ce qui aura des effets opposés aux buts prétendument recherchés.

    Le levier fiscal devrait aussi être utilisé pour favoriser la consommation domestique en Suisse par la réduction tant des impôts directs qu’indirects (TVA) mais surtout des primes des caisses d’assurance-maladie, qui ne devraient plus être uniformes quel que soit le revenu individuel mais progressives au prorata dudit revenu. Ce qui développerait l’économie intérieure et diminuerait la paupérisation des classes basses et moyennes comme des retraités, dont l’assistanat risque de grever très fortement les finances fédérales et cantonales dans les prochaines années. Il importe aussi, pour éviter ladite détérioration des finances publiques, de limiter l’appel à la main d’œuvre étrangère surtout non qualifiée et, pour cela, de revenir sur les abandons de souveraineté à sens unique consentis par la Suisse dans le cadre de ses accords avec l’Union européenne.

    Pour corriger la surévaluation des prix immobiliers, qui empêche de plus en plus les Suisses d’acquérir un logement et ne fait qu’augmenter la charge de leurs loyers, il faudrait enfin déclasser massivement les terrains agricoles largement inutilisés à l’abord des villes pour les rendre constructibles et donner des avantages fiscaux à l’investissement dans la construction, ce qui aurait aussi un effet positif sur l’emploi dans ce secteur.

    Ces quelques mesures libérales permettraient d’éviter de nouvelles nuisances interventionnistes venant de la politique monétaire inadaptée à la situation de la Suisse que pratique la BNS et qu’elle est en train de radicaliser. Évidemment, les mesures évoquées par la BNS ou par les milieux qui lui sont proches comme l’entrée de la Suisse dans la zone euro, au moment où cette dernière est fort mal en point, voire l’instauration d’un « peg » entre le franc suisse et l’euro, qui obligerait la BNS à intervenir constamment pour le défendre au risque de se ruiner, étant inconstitutionnelles parce que signifiant la fin de toute politique monétaire « indépendante », n’ont heureusement aucune chance de se réaliser. D’autant qu’en cas de proposition de révision de la constitution suisse dans ces matières, à l’évidence, ni le peuple ni les cantons suisses ne l’accepteraient.

    Ludwig von Mises écrivait que « Les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales », ainsi que le démontre amplement la crise dont l’Occident ne parvient pas à s’extraire. Puisse la Suisse, qui n’a pas encore complètement commis cette erreur de s’engager dans une politique monétaire dirigiste, s’en abstenir et son peuple comme sa classe politique remettre à sa juste place la BNS dont la fonction n’est pas de définir en leur nom les politiques intérieure et étrangère que doit suivre ce pays. Que la Federal Reserve US ou la Banque centrale européenne outrepassent constamment leurs obligations constitutionnelles, sans que presque personne aux USA ou dans l’Union européenne ne proteste, ne signifie pas que la BNS doive le faire aussi. Les prochaines élections fédérales suisses du 23 octobre 2011 à n’en pas douter remettront la pendule à l’heure sur cette affaire qui, au delà du faux prétexte de corriger la « surévaluation » du franc suisse, concerne en réalité l’indépendance de la Confédération que les « européistes » veulent remettre en question en hâtant par tous les moyens possibles son intégration dans une Union européenne en train de se déliter, alors même que le « modèle » suisse de démocratie directe nationale et de neutralité internationale a fait depuis longtemps la preuve de son excellence.

    La stabilité monétaire et la maîtrise de l’inflation sont des trésors que bien peu de nations possèdent, raison de plus de ne pas prendre le risque de les perdre par des mesures monétaires inflationnistes keynésiennes qui ne traitent pas la question de l’insuffisance criante de compétition intérieure en Suisse. Le meilleur moyen de se protéger contre la dévaluation monétaire pour les détenteurs de capitaux disponibles en francs suisses, c’est évidemment d’acheter massivement de l’or et autres métaux précieux en francs suisses dont les prix sont encore relativement bas dans cette monnaie. Étant donné que les actions de la BNS ne se traduiront pas nécessairement par une baisse durable du franc suisse contre l’euro ou le dollar US, deux monnaies de papier qui sont elles-aussi émises en excès par leurs banques centrales, mais assurément par une chute du franc suisse contre l’or. Pour triste que puisse être la chute annoncée de la moins mauvaise monnaie fiduciaire de papier qu’était jusqu’ici le franc suisse, dans le contexte actuel de guerre entre les principales monnaies ; il y a lieu de remarquer qu’elle confirme la faillite des Systèmes monétaires européen et international, dont la réforme ne pourra plus se faire que par le retour à l’étalon-or, ce qui réjouira les partisans des libertés individuelle et collective.

    On remarquera sur le graphique ci-dessous que l’or est beaucoup monté en USD mais assez peu en francs suisses, ce qui laisse présager un prochain rééquilibrage (l’or corrigeant à la baisse en USD mais montant fortement en francs suisses et aussi en euros).

    goldinswissfrancsflatyeartodate-490x334

    Quant aux marchés d’actions, si le Russell 2000 (voir graphique ci-dessous) casse 639 à la baisse, par une clôture sous ce niveau évidement, ce sera le KRACH!

    http://blog.kimblechartingsolutions.com/wp-content/uploads/2011/08/russellwave3august191.gif

    http://blogs.decisionpoint.com/chart_spotlight/2011/08/long-term-sell-signals.html

    russell

  • 16août

    La question de la survivance ou de la disparition de l’euro se résume à une seule interrogation:  l’Allemagne va-t-elle accepter de reprendre à son compte directement, ou indirectement (via la BCE et le Fonds dit de « stabilité » dont le principe a été accepté mais que les différents parlements nationaux doivent encore ratifier et qui n’est toujours pas financé), les dettes nationales de la plupart des Etats-membres de la zone euro devenus incapables de les rembourser et aussi d’assurer leur financement pendant les dix à quinze années qui viennent, avant qu’ils retrouvent éventuellement leur compétitivité en acceptant d’appliquer le « modèle allemand », pour autant qu’ils soient en mesure politiquement, socialement et économiquement de l’adopter? Ce qui supposerait une modification complète de l’association d’États-nations souverains que constitue la zone euro au sein de l’Union européenne vers la construction d’un Grand État fédéral, avec mutualisation totale des actifs et des passifs, dont la capitale effective serait Berlin. Mais aussi des politiques drastiques de rigueur qui mèneraient l’Europe vers une récession durable et la paupérisation accélérée de ses peuples, avec le risque d’explosion sociale violente du style de celle que vit actuellement la Grande-Bretagne. Sans compter que la démocratie représentative serait sacrifiée puisque ces décisions se prennent à l’insu des peuples qui ne sont pas consultés. Tout cela relevant de l’interventionnisme forcené, alors même que la crise démontre que les Etats et les banques centrales ne peuvent pas résoudre les problèmes économiques et monétaires puisque ce sont eux qui les créent, casserait ce qui reste de croissance!

    Étant convaincus que l’Allemagne n’a ni les moyens, ni la volonté, ni l’intérêt, d’aller dans ce sens et les peuples des autres Etats-nations européens non plus, nous pensons que l’euro nécessairement disparaitra après quelques nouvelles pantalonnades (de Sarkozy, Merkel, Berlusconi ou Barroso, un « quarteron » de dirigeants incapables de gérer la situation chaotique qu’ils ont directement contribué à installer) destinées à gagner un peu de temps avant l’issue finale. Tous les politiciens qui continuent de se voiler la face par crainte de dire aux peuples européens la vérité, de peur d’être balayés lors des prochaines élections qui auront lieu un peu partout en Europe en 2012 et 2013, ce qui de toutes façons se produira, ne font qu’aggraver les conditions dans lesquelles aura lieu l’implosion de la zone euro à laquelle tout un chacun doit impérativement se préparer. Jamais dans l’histoire une union monétaire (au surplus rigoureusement non optimale comme la zone euro) n’a pu conduire à une union politique, certains peuvent le regretter mais c’est ainsi.

    Il faut aussi avoir à l’esprit que tout cela, si l’on allait vers le Gand État européen sous direction allemande, aurait comme conséquences géopolitiques, monétaires et économiques, la marginalisation de l’Union européenne via une bipolarisation accrue du monde autour des USA et de la Chine qui, ensuite, s’affronteront pour le leadership planétaire, à moins qu’ils réussissent à se résoudre à une coexistence plus ou moins pacifique entre super-puissances néanmoins inégales et affaiblies. L’euro aurait tué l’Europe!

    C’est exactement ce que Charles de Gaulle avait anticipé. D’où son combat pour l’Europe des nations, autour de l’adoption de l’étalon-or, pour éviter que l’utopie de l’Europe fédérale, autour d’une monnaie de papier unique constamment mise à mal par les intérêts opposés des Etats subordonnés et d’une banque centrale apatride qui devraient en partager le monopole d’émission, ne mette à bas tout l’ensemble européen ainsi que cela est en train de se produire. Puisque l’étalon-or, ayant pour caractéristique de soustraire la production de monnaie et du crédit (alors devenue « automatique » en fonction des stocks de métal) à toute influence du pouvoir politique, permettait de résoudre non seulement la contradiction du partage de la même monnaie unique entre plusieurs Etats souverains, mais encore de limiter tout endettement public et déficit budgétaire excessifs, les deux maux dont souffre nécessairement la monnaie de papier, toujours produite en excès par les banquiers centraux et les Etats quand cela ne dépend que de leur bon vouloir. La leçon s’appliquera aussi aux USA et à la Chine, bientôt devenus les deux seules super-puissances, qui devront dépasser l’antagonisme entre le dollar US et le yuan (deux monnaies de papier qui plus tard s’autodétruiront si elles ne sont pas gagées sur l’or) pour instaurer un minimum de stabilité des relations internationales et éviter un jour d’avoir à se faire la guerre. Étant donné que c’est cela qui finira par se produire s’ils ne s’accordent pas pour réformer le Système monétaire international en le basant sur un même étalon tangible et stable ne portant la marque d’aucun État qui ne peut être que le métal jaune. Voilà incidemment pourquoi la hausse de l’or contre la plupart des monnaies de papier est loin d’être terminée.

    La péripétie de la semaine passée, indépendamment des convulsions boursières internationales et obligataires européennes qui ne sont pas finies, a concerné les interventions de la Banque nationale suisse pour tenter de faire baisser la devise helvétique. Le franc suisse (CHF) a corrigé de près de 10% et peut encore s’affaiblir de quelques pour cents contre l’euro, mais la BNS sera vraisemblablement bientôt aux limites de ses possibilités pour le faire baisser plus tant qu’il restera, dans le contexte mondial déliquescent actuel, l’une des deux alternatives de placement, avec l’or, par rapport aux monnaies faibles. C’est en revanche contre le dollar US que la dépréciation du CHF pourrait être plus importante. Quant aux rumeurs d’entrée de la Suisse dans la zone euro ou d’adoption d’un « peg » entre le franc suisse et l’euro, « usines à gaz » de toutes façons ultra compliqués à mettre en œuvre, elles n’ont aucun sens dans la mesure où, outre que ces projets sont en contradiction avec la constitution helvétique, ils seraient rejetés par le peuple et les cantons suisses s’ils devaient avoir à se prononcer sur sa modification dans ces matières. Étant au premier chef concernés par cette question du franc suisse, nous en parlerons en détail dans un prochain commentaire. A noter que la baisse du CHF été positive pour notre Fonds sur les métaux précieux côtés en CHF (ISIN:  KYG 3684 X 1079) puisque l’or et l’argent exprimés en CHF ont tout de suite bondi à la hausse (alors, qu’au même moment, ils baissaient en USD) d’un montant bien supérieur à la correction du CHF.

    Quoi qu’il en soit, nous pensons toujours que le dollar US est à la veille d’un mouvement majeur de hausse contre la plupart des monnaies (partie basse du graphique ci-dessous) dont la première conséquence sera une chute supplémentaire du S+P500 et autres bourses d’actions (partie haute du graphique ci-dessous), ce qui rappelle leur configuration du début 2008. Et la seconde conséquence de faire monter l’or exprimé en euros et en francs suisses surtout, ce qui apporterait un certain rééquilibrage alors que ces derniers mois l’or est surtout monté en USD. Comme toujours en cas de crise grave, ce qui va faire monter le dollar US c’est la hausse (et la grande liquidité) des obligations d’Etat US par rapport aux obligations d’Etat européennes ou asiatiques, la perte du triple A par les USA n’ayant à court terme que peu d’impact sur la valeur nominale des US Treasury Bonds et Bills.

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    Le comportement actuel de la bourse des actions US présente une grande similarité avec le krach de 1907, suivi d’une reprise jusqu’en novembre 1909 puis d’un second krach jusqu’en septembre 1911 (en vert les années 1907-1911 et en orange les années 2008-2011).
    dow1907-8-11a
    LIRE:
    —-

    Le taux d’assurance sur la dette française (CDS) prend l’ascenseur, ce qui annonce une montée crescendo de la crise obligataire et bancaire européenne.


    20110812al03

    Pour ceux qui n’auraient pas compris la signification des graphiques dans notre article précédent, on pourra constater sur celui publié ci-dessous les performances comparées de l’or et des actions depuis 2000 qui se passent de tout commentaire.

  • 11août

    Quoi qu’en disent la plupart des banquiers et autres brokers qui vivent du trading sur les marchés boursiers et donc ne sont pas objectifs, les actions (mis à part certaines d’entre elles qui ont mieux performé que la plupart des autres) ont été globalement le plus mauvais placement depuis 11 ans alors que l’or a été le meilleur, ainsi qu’en témoignent les deux graphiques ci-dessous du Dow Jones US par rapport à l’or et de l’or par rapport au Dow Jones US (inversé). Il n’y a aucune raison que cela change compte tenu de la gravité sans précédent de la crise globale actuelle qui doit être analysée comme le prélude de la faillite du Système monétaire, financier et économique occidental. A l’heure actuelle, les marchés sont en folie, raison pour garder la tête froide. Cette semaine la bourse US (les autres bourses mondiales suivant le mouvement) a baissé de 635 points lundi, est montée de 430 points mardi, a rebaissé de 520 points mercredi, est remontée de 423 point ce jeudi. Ce type de comportement schizophrénique n’indique pas que la stabilité soit revenue mais tout au contraire, quelle que puisse être l’ampleur des reprises techniques, la continuation d’un sévère bear market. A la fin de toute cette agitation, les marchés d’actions devraient sévèrement dévisser. Il importe donc de rester long SDS (c’est-à-dire à la baisse sur le S+P500) avec des positions légères, à renforcer soit en cas de reprise technique soit en cas de chute brutale, mais de ne surtout pas suivre le troupeau des moutons qui se feront une fois de plus tondre!

    http://www.zerohedge.com/news/635-430-520-423

    http://www.zerohedge.com/news/death-cross-back

    http://www.slate.fr/story/42371/roubini-bremmer-crise-sans-solutions-politiques

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/08/10/jacques-attali-les-etats-se-comportent-comme-bernard-madoff_1558031_3234.html

    http://www.spiegel.de/international/world/a-779008.html

    indugoldgoldindu

  • 10août

    Les banquiers centraux, les politiciens et la plupart des commentateurs (CNBC, Bloomberg, etc.) continuent hélas de parler pour ne rien dire. Tant que l’Allemagne n’indiquera pas clairement qu’elle va faire adopter par son Parlement le Fonds dit de « stabilité » européen en cours de création et qu’elle le financera elle-même pour l’essentiel, après qu’il soit fortement augmenté pour permettre l’achat des obligations d’Etat de tous les Etats européens en difficulté que la BCE ne peut pas effectuer (parce qu’elle n’en a pas le droit et parce qu’elle n’en a pas les moyens financiers), d’une part, et que la Federal Reserve US n’indiquera pas tout aussi clairement qu’elle va se lancer dans un 3éme Quantitative Easing massif, d’autre part; les marchés d’actions internationaux mais aussi les obligations d’Etat européennes continueront vraisemblablement de chuter sur des niveaux beaucoup plus bas, l’euro/dollar US aussi, pendant que l’or et les US Treasury Bonds continueront de monter. Aujourd’hui, ce sont les actions des banques zombies qui sont allées au tapis. Nous avons repris ce mercredi à l’ouverture nos achats de SDS, sur lesquels nous avions pris les profits vendredi dernier, puisque la reprise du S+P500 de mardi (équivalente à la baisse de lundi) n’a pas tenu. L’euro/franc suisse ayant presque atteint la parité, ce qui a déclenché de nouvelles interventions de la Banque nationale suisse pour tenter de le faire remonter, nous avons par ailleurs réduit nos positions en francs suisses au profit d’achat de dollars US, la devise US s’étant nettement raffermie, mais restons toujours sans aucune position en euros dont nous pensons qu’il ne pourra pas continuer d’exister sous sa forme actuelle.

    lire

    http://www.voxeu.org/index.php?q=node/6845

    http://www.businessinsider.com/the-crash-in-context-stocks-are-still-30-overvalued-2011-8

    Le graphique ci-dessous montre que les actions US, dans la conjoncture américaine déprimée qui ne s’améliore pas, ne peuvent plus monter sans Quantitative Easing massif de la Fed. Ce qui permettrait aux marchés de respirer sans, évidemment, ne rien solutionner à moyen terme. Si Bernanke ne l’a pas encore décidé, c’est parce qu’il n’en a vraisemblablement plus les moyens politiques eu égard à l’échec économique de ses deux derniers QE et à la récente baisse de notation des USA.

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    L’euro/dollar US reste dans une tendance baissière, ce qui alimente la chute des actions US qui ont besoin d’un dollar US faible pour se redresser.

    eurdol

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