Le rapport que vient de remettre l’expert judiciaire désigné par la Justice US pour analyser les causes de la faillite de la banque Lehman Brothers, alors la 4éme des USA, est accablant. Tant pour les dirigeants de cette banque qui ont maquillé ses comptes et se sont impunément livrés à toutes sortes de pratiques frauduleuses, que pour son auditeur Ernest & Young, la Federal Reserve, la SEC et autres régulateurs (en particulier anglais) qui les ont laissé faire. Sans compter le complot organisé par plusieurs autres banques dont Citigroup et Morgan Stanley, avec le soutien de Paulson (le secrétaire au Trésor d’alors agissant pour compte de Goldman Sachs) puis de Geithner son successeur, afin de mettre leur concurrent en faillite.
Comme tout indique que ces pratiques frauduleuses continuent, on peut en conclure que l’ensemble du système bancaire US est gangréné par la corruption et les irrégularités en tous genres. Combien de temps pourra-t-il survivre? Combien de temps les actions de ces banques pourront-t-elles continuer de s’apprécier? Combien de temps l’ensemble de la bourse US pourra-t-elle défier les fondamentaux économiques qui plaident pour sa forte correction à la baisse? Sans compter la situation réelle de plusieurs compagnies d’assurance US, comme AIG, dont la gestion a été et continue d’être calamiteuse et la plupart des pertes continuent de rester cachées. On comprend, dans de telles conditions, pourquoi la Fed et le Trésor US s’obstinent à refuser de communiquer aux contribuables US la moindre information sur l’emploi des centaines de milliards de dollars dépensés pour le maintenir plus ou moins à flot. Mais il ne pourra pas en être ainsi très longtemps. Et Wall Street ne résistera pas à un choc systémique lorsque la vérité sera connue. Obama, enlisé dans la réforme du système de santé US, se trompe totalement de priorité. C’est avant tout le système bancaire US qu’il faut réformer dans le sens des propositions de Volcker avant que les lobbies l’en empêchent définitivement.
On notera que la Chine, dont on attend vainement qu’elle tire la croissance économique zéro occidentale alors qu’elle ne peut que se sauver elle-même, continue de prendre (en toute connaissance de cause pour éviter l’éclatement désordonné de sa bulle immobilière et boursière) des mesures de resserrement de sa politique monétaire et de crédit, ce qui pèse négativement sur son marché des actions clairement orienté à la baisse. Le marché chinois (Shanghai Composite Index) ayant ces dernières années toujours anticipé les tendances des autres marchés d’actions US et européens, il n’y a pas de raison que son retournement à la baisse n’entraine pas finalement celui des marchés d’actions occidentaux. On notera aussi que, depuis un certain temps, les cours de l’or, des autres métaux précieux et matières premières suivent (avec un certain décalage) assez exactement le marché chinois des actions, ce qui est logique puisque c’est la demande chinoise qui est leur principal moteur. Ce qui laisse penser que les corrections actuelles de l’or, métaux précieux et matières premières à la baisse devraient continuer.
On remarquera aussi que les Chinois, quand leur marché d’actions et l’or baissent, achètent des obligations d’Etat US en dollars US (US Treasury Bonds). Ces dernières semblant avoir trouvé un support temporaire devraient probablement remonter, bénéficiant ainsi de la chute des obligations d’Etat de plusieurs pays européens appartenant à la zone euro ou situés en dehors de cette zone (comme la Grande-Bretagne) que les investisseurs abandonnent comme de la bonne tenue actuelle du dollar US contre l’euro. On peut d’ailleurs considérer, puisque la Chine maintient sa monnaie (le yuan) inconvertible et à parité fixe avec le dollar US, que le yuan c’est du dollar US. Avec la conséquence que ce sont les Chinois qui, en fait, font directement ou indirectement monter ou baisser les actions US, les obligations US, l’or ou les matières premières selon qu’ils en achètent ou en vendent étant donné qu’ils sont de très loin les premiers détenteurs de dollars US au monde.
La reprise des dettes grecques, puis portugaises, puis espagnoles, puis italiennes, etc… par l’Allemagne ou un consortium de banques européennes avec la garantie allemande, si finalement elle se faisait, serait à terme désastreuse pour l’euro. Alors que si l’on veut le pérenniser, il faut absolument en écarter les pays délinquants surendettés auquel le FMI doit appliquer ses thérapies de choc. Dans le “match” contre l’euro, c’est le franc suisse qui sortira gagnant.
Lire
http://www.lefigaro.fr/societes/2010/03/13/04015-20100313ARTFIG00111-comment-lehman-maquillait-ses-bilans-.php
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/cf660914-2e20-11df-a2af-76119ef329a8/Lehman_a_cach%C3%A9_ses_dettes_en_les_qualifiant_dactifs_vendus
