C’est une évidence de constater que la crise qui se développe depuis 2007 a des causes et des proportions inédites dans l’histoire monétaire et économique moderne.
Les causes de cette crise tiennent essentiellement à l’implosion d’une immense pyramide de dettes, jamais atteinte jusqu’ici, qui a pu se constituer à la suite de la généralisation depuis 1971 des monnaies étatiques fiduciaires de papier (fiat currencies), constamment manipulées par les pouvoirs publics (Etats et banques centrales) pour leur permettre de vivre au dessus de leurs moyens comme d’entretenir les bulles financières ou boursières successives indispensables à la croissance d’économies basées sur l’endettement selon le modèle keynésien qui a triomphé.
Stiglitz Says Banking Problems Are Now Bigger Than Pre-Lehman
Quant aux proportions prises par cette crise, elles concernent l’ensemble de l’Occident (USA, Europe, Japon) et non plus simplement tel ou tel pays comme par le passé. Mais pas vraiment les pays émergents, dont le statut marginal jusqu’ici les a empêchés de pouvoir vivre à crédit comme les USA et leurs allies ont pu le faire, ce qui les rend moins vulnérable à la crise actuelle.
Depuis 2007, les pouvoirs publics, au lieu de laisser les indispensables ajustements économiques et financiers se produire pour en finir avec la période précédente de laxisme, purger complètement les dettes et repartir sur des bases assainies, se sont substitués à l’initiative privée, défaillante pour cause de banqueroute collective, en créant une quantité inédite de liquidité ex nihilo, en reprenant la plupart des actifs toxiques bancaires et en finançant des plans massifs dits de relance, alors qu’ils n’en n’ont pas les moyens financiers. Il en résulte une déstabilisation des bilans des banques centrales et un accroissement massif de l’endettement et des déficits étatiques, que les marchés financiers n’ont pas encore pris en compte, même si les obligations d’Etat US et britanniques ont commencé à chuter depuis fin 2008. L’économie occidentale, dont le moteur principal actuel réside dans la dépense publique et le laxisme monétaire, ne pourra pas longtemps se maintenir à flot. Sa rechute est inéluctable si l’investissement productif des entreprises et la consommation des particuliers ne reprennent pas au plus vite. Or, rien ne montre que l’on va dans ce sens puisqu’il faudrait pour y parvenir que les pouvoirs publics cessent d’intervenir dans l’économie et réduisent massivement les déficits publics.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/09/07/risques-de-rechute-par-martin-wolf_1236729_3232.html
U.S. Economy: Trade Deficit Widens Most Since 1999 on Imports
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=aZcN_BCvBsAE
U.S. Foreclosure Filings Top 300,000 for Sixth Straight Month
La remontée des actions et la stabilisation des obligations d’Etat aux USA, qui se sont ensuite propagées aux autres pays occidentaux (Europe, Japon), n’ont pas pour fondement une amélioration de la situation économique réelle ni de la croissance des profits des entreprises ou des capacités d’achat des consommateurs mais, tout simplement, la politique monétaire extravagante de quantitative easing (de la Federal Reserve et de la Banque d’Angleterre surtout) qui permet aux banques et autres intermédiaires financiers d’acheter massivement des titres US et britanniques au fur et à mesure que croit la liquidité artificiellement créée. La bulle ainsi mise en place étant artificielle, plus forte et rapide sera la hausse des actions, plus forte et rapide sera leur baisse qui se produira dès que le resserrement monétaire interviendra ou que la destruction du dollar et de la livre sterling, comme la montée de l’inflation que cette politique monétaire provoquent, conduiront au krach monétaire. Sans compter, nombres d’évènements extrérieurs qui peuvent à tout moment impacter négativement actions et obligations d’Etat. On notera que, depuis plusieurs mois, plus les banques achètent des titres avec les liquidités qui leur sont mises gratuitement à disposition par les pouvoirs publics, plus les insiders en profitent pour les vendre, ce qui accroit le caractère artificiel de la hausse des actifs de papier dans un contexte de très faibles volumes de transaction. Si les insiders vendent, alors qu’ils sont les mieux placés pour savoir que les profits des entreprises qu’ils dirigent ne sont pas à la hauteur de leurs cours de bourse, tôt ou tard ils auront raison.
http://www.zerohedge.com/article/correlation-sp-500-performance-fed-monetization-activities-start-qe
http://jessescrossroadscafe.blogspot.com/2009/09/signs-of-approaching-decline-in-us.html
http://blogs.telegraph.co.uk/finance/ambroseevans-pritchard/100000815/bears-still-growl-at-the-sanctum-santorum-of-the-policy-elites/
Shock May Put Global Relapse Odds as High as 1-in-3, Roach Says
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=a9odwc3.kFwM
Au contraire, la hausse de l’or est basée sur un fondement solide parce qu’elle est le produit des décisions logiques des acteurs du marché et non pas de manipulations étatiques. En effet, d’une part, la Chine incite ses ressortissants à acheter des métaux précieux et à sortir des actions comme du dollar US mais aussi, d’autre part, les producteurs d”or, se rendant enfin compte que la tendance haussière de l’or est durable, mettent un terme à leurs mécanismes de couvertures à terme qui pesaient sur le prix du métal tout en les empêchant de profiter de sa hausse (d’où la rentabilité moindre pour les investisseurs des achats de mines d’or par apport aux achats de métal physique).
http://www.marketoracle.co.uk/Article13422.html
http://lecho.be/r/?t=1&id=8230179.
http://www.gold-eagle.com/editorials_08/salinas090909.html
http://www.gold-eagle.com/editorials_08/willie091009.html
Barrick Takes Massive $5.6B Charge to End Gold Hedge
Gold Rally Signals Move Away From Currencies, Greenspan Says
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=acrGvxBXPDfk
http://blogs.telegraph.co.uk/finance/ambroseevans-pritchard/100000821/china-bernanke-and-the-price-of-gold/
Une fois encore, alors que depuis près de dix ans les marchés boursiers chutent contre l’or, et que tout indique que cela continuera, certains investisseurs achètent les actions et ignorent le métal précieux. Ils ont tort et devront à nouveau finalement passer à la caisse! Comble de l’hystérie actuelle, le patron de Morgan Stanley, qui a évité au plus fort de la crise à sa banque de faire faillitte, au lieu d’être récompensé vient d’être remercié parce que son conseil d’administration jugeait qu’il ne prenait pas assez de risques dans le cadre de la reprise récente des actifs de papier! Loin d’être vaccinées contre la prise excessive de risques, les banques de Wall Street sont reparties comme avant la crise dans la spéculation à tout va avec l’aide active des banques centrales qui ne font rien pour les discipliner.
Mack Steps Down as Morgan Stanley’s Chief Executive (Update1)
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=amcFhzwFQVzs
Mack Steps Down as Morgan Stanley Chief After Shying From Risk
Alors que les actions ont baissé depuis 1999 de 80% contre l’or et que le ratio Dow Jones Industrials/Gold est toujours orienté à la baisse, la plupart des investisseurs privés n’en tirent aucune leçon. Qu’ils ne viennent pas se plaindre quand les actions rechuteront!
Bank of China’s Zhu Sees ‘Bubbles’ in Asset Markets (Update1)
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=aZbN1QAcwOQo
http://www.arbitraryvote.com/warning/231-update91009
The Two Reasons it’s Time to Short U.S. Stocks
Source: moneymorning.com

http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=aE9U175982Kk
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=a3dnPxhcGAxs
Wealthy Families Face Bankruptcy on Real Estate Crash (Update1)
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=a6l3xr8MUE08