“Les 20% en bas et les 20% en haut du marché ne m’intèressent pas. Donnez-moi juste les 60% du milieux!” (Baron de Rothschild).
Il n’y a que deux façons de faire des profits sur les marchés financiers: 1/ essayer d’identifier les grandes tendances à long terme (sur quelques années voire plus) et, une fois que l’on en a saisi une, s’y tenir tant que le renversement des fondamentaux économiques ou monétaires sur lesquels elle est basée ne se produit pas, ou 2/ traiter à très, très, court terme (quelques heures voire moins).
Nous sommes convaincus que la première méthode est la bonne parce que la moins risquée et la plus profitable, alors que la seconde nécessite une plus grande prise de risque mais, surtout, d’être conduite par un professionnel très bien outillé et ne faisant que cela 24 h sur 24, ce qui n’est pas le cas de la plupart des investisseurs et même des banquiers ou gestionnaires. Le pire étant de panacher les deux méthodes, ce qui explique que la plupart des gens perdent parce qu’ils ne savent pas se tenir à leurs analyses tout en essayant de se positionner pour des mouvements de relatif court terme dont la caractéristique est d’être irrationnels ou provoqués par des manipulations de toutes sortes.
Qu’on en juge! Depuis la cessation américaine de convertibilité du dollar en or (entre banques centrales) de 1971 et l’instauration des taux de change flottants entre les principales monnaies devenues fiduciaires (c’est-à-dire non gagées sur un métal précieux, donc de papier) émises ex nihilo et dirigées par les pouvoirs publics, il n’y a eu que 3 grandes tendances de longue période:
1/ De 1971 à 1980, l’or monte et les actions baissent;
2/ De 1980 à 2000, l’or baisse et les actions montent;
3/ De 2000 à ce jour, l’or monte et les actions baissent.
Aucun indicateur ne permet de penser que la période 3 soit terminée. De telle sorte que nous sommes toujours actuellement dans cette période qui est loin d’être achevée, en dépit de mouvements intermédiaires tout à fait habituels de correction de la tendance principale de long terme qui ne manquent jamais de se produire et induisent les investisseurs en erreur parce que les faisant changer de stratégie pour un oui ou pour un non.
Chacune de ces 3 grandes périodes et tendances a été provoquée par des événements majeurs, soit économiques soit monétaires, affectant le dollar US et les matières premières et se traduisant par des périodes d’embellie économique ou de récession voire de stagnation.
Ainsi, de 1971 à 1980, le dollar US chute et les prix des matières premières montent (d’ou hausse de l’or, baisse des actions).
De 1980 à 2000, le dollar US monte et les prix des matières premières chutent (d’ou baisse de l’0r, hausse des actions).
De 2000 à ce jour, le dollar US chute et les prix des matières premières montent (d’ou hausse de l’or, baisse des actions).
Comme il n’y a actuellement aucun signe de reprise du dollar US ou de rechute des prix des matières premières (consommées de plus en plus par des pays émergents en bonne croissance), il n’a pas lieu de penser que la période 3 soit terminée ou en voie de l’être. Donc, à moyen terme, l’or et le pétrole devraient continuer de monter et les actions continuer de baisser (mêmes si des déviations temporaires dues à de multiples facteurs peuvent contrarier temporairement ces évolutions). D’autant que l’on ne peut pas escompter de réelle reprise économique en Occident avant longtemps pour cause de chômage de masse et d’effondrement de la consommation des ménages dont le pouvoir d’achat diminue.
En outre, les obligations d’Etat depuis 1971 sont montées parallèment aux actions sauf pendant les krachs boursiers, pendant lesquels elles ont superformé les actions, ou bien les périodes de baisse importante du dollar US, pendant lesquelles elles se sont dissociées des actions. De telle sorte que la faiblesse actuelle du dollar US, évidente depuis fin 2008, devrait continuer de faire chuter les obligations d”Etat sauf si les actions venaient à s’effondrer à nouveau. D’autant que les politiques monétaires ultra laxistes des banques centrales occidentales et l’augmentation massive de l’endettement public auront tendance à faire monter les taux d’intérêt à long terme.
Pour toutes les raisons précitées de “mécanique” des marchés financiers, nous pensons toujours que dans le cadre de la tendance qui a débuté en 2000, les actions et les obligations d’Etat iront plus bas, l’or ira plus haut, parce que la baisse du dollar US et la hausse des matières premières sont des mouvements qui sont loin d’être arrivés à leur terme. Pour le moment, tout monte ou tout baisse ensemble, mais cela n’est que le reflet temporaire des politiques monétaires irrationnelles et des programs trading des grandes banques et ne saurait continuer. Ainsi, pendant le mois de juillet 2009, le S+P 500, l’or, les matières premières et les obligations d’Etat sont montés ensemble, ce qui n’a pas de sens. Hier, tous ces mêmes actifs ont baissé ensemble, ce qui n’a pas de sens non plus. Parce que des actifs différents doivent évoluer de façon différente, comme ils l’ont constamment fait depuis 1971 au cours des trois tendances et périodes précitées. Les banquiers et gestionnaires, la plupart trop jeunes et n’ayant que peu de connaissances historiques ou économiques solides, devraient au moins regarder dans leur rétroviseur!
Le graphique ci-dessous des actions US montre que la résistance du S+P 500 vers 990-1000 devrait être quasiment impossible à franchir à la hausse.

