Depuis le début de la crise grande systémique actuelle en 2007, la plupart des économistes, banquiers, journalistes, syndicalistes et politiciens ont entamé une grande entreprise de désinformation visant à faire croire que l’économie occidentale (USA, Europe, Japon), voire mondiale, était menacée par une déflation majeure contre laquelle banques centrales et gouvernements devaient lutter en mettant en place toutes les mesures inflationnistes keynésiennes possibles. Alors même que, dans un Système monétaire international de monnaies fiduciaires de papier dirigées (”fiat currencies”) structurellement inflationniste, comme celui dans lequel nous vivons depuis les années 1970, toute déflation est impossible puisque la contrainte de n’émettre la monnaie qu’en fonction d’un stock de métal précieux nécessairement limité n’existe hélas plus (d’où la perte constante de pouvoir d’achat des monnaies et leur instabilité permanente les unes par rapport aux autres).
En pratiquant, pour complaire à l’opinion dominante, une politique monétaire ultra-laxiste de taux d’intérêt à court terme voisins de zéro (c’est-à-dire d’argent gratuit) et d’émission colossale de monnaie fiduciaire de papier (jamais aussi importante dans l’Histoire), les banques centrales occidentales (la Federal Reserve surtout) ont fait temporairement remonter les bourses d’actions pour alléger quelque peu la pression baissière existant sur les titres des grandes banques privées zombies en situation de faillite virtuelle ou réelle (qui ont même pu émettre de nouvelles actions ou obligations privées dans la foulée et recommencer à distribuer à leurs dirigeants, pourtant coupables de les avoir si mal gérées, de substantiels bonus). Merci à l’administration Obama pour la socialisation des pertes et la privation des profits ! Mais les contribuables occidentaux, qui paieront l’addition en termes d’impôts supplémentaires et de perte de pouvoir d’achat monétaire, n’apprécieront sans doute pas que les banques centrales organisent une nouvelle bulle boursière pour mettre en oeuvre leur stupide crédo que plus aucune banque privée importante ne doit être mise en faillite (”Too big to fail”), d’autant que tout indique que la bulle en question n’aura duré que trois mois sans aucunement enrichir la masse des investisseurs qui, ayant déjà été échaudés, ne placeront plus leur épargne dans les actions occidentales avant bien longtemps. Autrement dit, les banques centrales ont pris le risque de relancer massivement l’inflation pour n’améliorer qu’à la marge la situation du système bancaire, qui n’est toujours pas en situation de reprendre ses activités de crédit faute d’avoir retrouvé des ratios de liquidité suffisants et d’avoir amorti ses pertes encore ouvertes comme celles à venir.
Si les banques centrales ont le pouvoir de fixer les taux d’intérêt à court terme, elles ne sont toutefois pas en mesure de fixer les taux d’intérêt à long terme qui sont déterminés par le marché c’est-à-dire la loi de l’offre et de la demande. Et c’est- là que le problème se complique et qu’apparait la nocivité des politiques keynésiennes menées depuis 2007 ou avant.
En effet, les banques centrales occidentales, en raison de leurs pratiques monétaires ultra-laxistes, et les principaux Etats, dont les besoins d’emprunts sont énormes du fait des plans de relance aussi inutiles que couteux qu’ils ont mis en place dans la panique, ont fait aussi, comme nous l’avions prévu, fortement remonter les taux d’intérêt à long terme, aux USA surtout, et donc chuter les obligations d’Etat (US Treasury Bonds 30 year), comme monter l’or et la plupart des matières premières (dont le pétrole) puisque leurs politiques monétaires et budgétaires nourrissent les anticipations inflationnistes, sans aucunement améliorer la situation économique générale. Tout simplement parce que l’on ne peut pas mettre un terme à l’implosion de la plus grande crise d’endettement de l’Histoire en imprimant ou en empruntant toujours plus de fausse monnaie, tout en la distribuant à de plus en plus de banques ou d’entreprises structurellement insolvables qu’il faudra bien se résoudre à mettre en faillite pour assainir le tissu économique.
Ces politiques monétaires et budgétaires sont absurdes et contreproductives parce que la hausse des taux d’intérêt à long terme est très négative pour les entreprises, les ménages et même pour les Etats, dont elle renchérit les coûts d’emprunts de toutes sortes (en particulier dans les secteurs industriels et immobiliers), en empêchant toute reprise économique réelle. Et même, finalement, pour les marchés d’actions aussi, qui ne peuvent pas progresser durablement si les taux à long terme montent et que l’économie ne se reprend pas. Hausse des taux d’intérêt à long terme qui, faisant chuter les obligations d’Etat, pose donc la question du financement de plus en plus incertain de plusieurs grands Etats (USA, Grande-Bretagne, Japon, etc), sans compter beaucoup de plus petits (Irlande, Espagne, pays de l’Est européen, etc), dont la signature aurait d’ailleurs déjà dû être dégradée par les agences de notation mais qui tôt ou tard le sera. Comme les obligations d’Etat américaines sont cotées en dollars US, tout ce qui peut les fragiliser fait rapidement chuter le dollar US et monter l’euro, l’or, l’agent-métal et les matières premières. D’où les mouvements récents sur les marchés financiers.
La perspective bien engagée de krach des obligations d’Etat (US d’abord) puis de krach monétaire (le dollar US d’abord), dans la mesure où les obligations d’Etat US constituent le sous-jacent du dollar US mais aussi de la plupart des autres monnaies fiduciaires de papier étatiques, incite la Chine et les autres pays émergents détenteurs des plus grandes réserves de change, pour l’essentiel encore placées en US Treasury Bonds ou Bills en dollars US, à entamer de grandes manoeuvres visant à se mettre à l’abri du cataclysme qui menace. En particulier, la Chine utilise ses dollars US à reconstituer ses stocks de toutes sortes de matières premières et de métaux précieux, tout en investissant partout dans le monde dans la production desdites matières premières dont les prix sont encore bas. Elle organise aussi de multiples concertations pour proposer une réforme du Système monétaire international à ceux (ils sont nombreux) qui sont d’accord pour le changer. L’or, d’une façon ou d’une autre, sera alors nécessairement rétabli comme instrument essentiel de réserve. La situation actuelle privilégiée du dollar US comme monnaie internationale de référence, permettant aux Etats-Unis de s’endetter sans limite, est donc remise en question. La crise finale, sous la forme d’une faillite de certains Etats comme de la rupture du SMI actuel, ne s’est pas encore produite mais elle devient de plus en plus probable.
Tout cela nous conforte dans notre stratégie d’investissement, un véritable sans faute jusqu’ici, exprimée dans notre dernier livre “De la crise financière à l’hyper-inflation” (lire le chapitre 10 intitulé “Un mode d’emploi par temps de crise pour les investisseurs”). Que recommandions-nous dès la fin 2008 ?
1/ Vendre (sous forme d’achats d’options puts) les US Treasury Bonds 30 year en dollars US et acheter (sous forme physique) pour le même montant l’or. Les US Treasury Bonds viennent d’atteindre leur plus bas de l’année et l’or son plus haut. Ne rien changer à cette position, qui rapporte déjà plus de 35% des fonds investis depuis début 2009, dont les gains supplémentaires à attendre devraient être substantiels parce que le ratio US T.Bonds/or, plus les imprimeurs de fausse monnaie feront marcher leurs planches à billets et plus les Etats s’endetteront, devrait s’effondrer.
2/ Sortir de toutes les monnaies (y compris le franc suisse) et placer toutes ses liquidités en euro. L’euro est à son plus haut de l’année et tout indique qu’il devrait remonter vers 1.55 - 1.60 dollar U S. L’euro ne monte pas parce qu’il est une “bonne” monnaie de papier mais parce qu’il est la moins mauvaise, dans la mesure où la BCE ne se livrera pas au sacrilège monétaire consistant à acheter la dette publique des Etats européens avec la monnaie qu’elle imprime elle-même, c’est-à-dire à monétariser la dette ainsi que le font les banques centrales US, anglaise et japonaise. Ce qui n’empêchera pas l’euro de chuter contre l’or, parce que la seule vraie monnaie c’est l’or et, accessoirement, l’argent-métal.
3/ Acheter, en plus de l’or, l’argent-métal et plusieurs matières premières comme le pétrole et certaines denrées alimentaires et céréales, dont les prix sont aussi maintenant remontés au plus haut de l’année. Là-encore, conserver ces positions qui ne peuvent qu’être bénéficiaires au fur et à mesure que notre scénario inflationniste se vérifiera, lorsque l’énorme masse monétaire créée ex nihilo se répandra dans l’économie réelle avec les dégâts que l’on peut déjà imaginer. Tout ceux qui pensent que les banques centrales et les Etats seront un jour capables de retirer du système bancaire et financier la fausse monnaie qu’ils sont en train de créer ex nihilo et de remonter fortement les taux d’intérêt à court terme se trompent, parce que l’Histoire enseigne que l’on ne peut combattre l’inflation (toujours de nature monétaire) que dans un régime d’étalon-or.
4/ s’abstenir d’acheter les actifs papiers (actions et obligations occidentales), sauf quelques actions de certaines entreprises très prometteuses dans les pays émergents (les BRIC et quelques autres) et certaines obligations convertibles (ultérieurement en actions) de très grandes et très solides entreprises multinationales non américaines. Les marchés d’actions émergents sont au plus haut de l’année et nous conseillons de garder ces positions. En revanche, sur les marchés d’actions occidentaux, dans lesquels nous n’étions plus engagés depuis novembre 2008 mais qui restent durablement orientés à la baisse pour longtemps (en dépit de leur récente reprise temporaire qui relève de la manipulation), nous venons de rétablir des positions à la baisse en achetant des options puts sur le Standard & Poors US et en achetant de l’or et de l’argent-métal pour le même montant lorsque le S&P et l’or sont récemment revenus à parité de 920 dollars US tous les deux, dans la perspective d’une chute du ratio S&P/or (comme nous l’avions fait avec un grand profit d’octobre 2007 à octobre 2008).
La grande inflation qui vient doit, à notre avis, inciter les investisseurs à s’abstenir de détenir des actifs papiers et à conserver puis à augmenter leurs avoirs en actifs réels. Mais attention, les actifs réels (comme l’or par exemple) doivent être impérativement protégés lors de chaque forte accélération de leurs prix à la hausse par l’achat d’options puts que l’on revendra dans les inévitables phases temporaires plus ou moins prononcées de correction de leurs cours. Stratégie permettant de garder ses avoirs en actifs rééls, en or physique par exemple, tout en les rentabilisant sans risque.
Lire ci-dessous quelques informations utiles (en cliquant sur les liens):
http://online.wsj.com/article/SB124303024230548323.html
http://www.latribune.fr/opinions/20090519trib000378101/la-chine-a-loffensive-contre-le-dollar.html
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=aKOzWiTDseUE
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=aQlKa8m2EIhE
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=a5ab_aynqzQM
http://www.daily-bourse.fr/analyse-Prix-a-la-consommation-Inflation-deflationaffabula-vtptc-7650.php
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=aqLTt.TroGcM
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=aFy7olAsHDQU








